Le film est une satire du travail à la chaîne et un réquisitoire contre le chômage et des conditions de vie d’une grande partie de la population occidentale lors de la Grande Dépression, imposées par les gains d’efficacité exigés par l’industrialisation des temps modernes.
Quel regard Charles Chaplin porte-t-il sur la crise économique et sociale des années 30 ?

 

                           I. Présentation générale :

Les Temps Modernes est une comédie dramatique en noir et blanc. Le film a été écrit, réalisé, mis en musique et produit par Charlie Chaplin chez United Artists. C’est un film muet, le dernier de Chaplin dans lequel intervient le personnage de Charlot, mondialement connu. C’est un film sorti en 1936, pendant la période de l’entre-deux-guerres. Au niveau économique, les Etats-Unis puis l’Europe sont frappés par une crise économique et sociale : le krach boursier d’octobre 1929 à New York qui a entraîné une crise bancaire, puis une crise industrielle, et enfin une crise sociale. C’est la « Grande Dépression ».

                         II. Description des Temps Modernes :

Les travailleurs sortent en masse de la station de métro et se hâtent vers l’usine, tel un troupeau. Seul l’un de ces moutons, le héros, est noir, symbole de sa différence et du rôle qu’il sera amené à jouer. Le travail à la chaîne se déroule dans une usine ultra automatisée et dirigée un individu lointain et mystérieux, lequel supervise à l’aide de grands écrans, signe de sa distance avec les travailleurs. Le rôle du héros, sur la chaîne, consiste à resserrer des vis sur des planches. A l’instar de ses compagnons de labeur, le héros se fait machinique pour suivre au mieux le rythme de la production, alors que la moindre distraction pourrait ralentir la chaîne. Incapable de penser, le héros n’est qu’une extension de la machine, un robot. L’usine l’a dépouillé de son sens critique, autrement dit de son humanité.
 Chaplin et le rôle de la technique :
 L’homme devenu machine n’est plus qu’un esclave des machines qui l’entoure. L’homme est presque dépassé par les technologies qu’il crée. De technique utile à l’homme, l’usine, selon Chaplin, serait le symbole d’une perte de contrôle de l’homme sur les objets qu’il a crée. Pire, les machines se rendent indépendantes de l’homme puisqu’elles n’ont plus besoin de lui pour fonctionner ! La scène suivante, dans laquelle le héros provoque la panne générale de l’usine, est l’occasion de montrer sa joie, la première fois depuis le début du film. Cette scène laisse entrevoir la possibilité pour l’homme de corriger l’entreprise de déshumanisation qu’il a entreprise contre lui-même. Mais la solution semble pire que la maladie. En effet, interné en psychiatrie puis relâché, Chaplin doit faire face à la Grande Dépression et la fermeture des usines. La situation est au moins aussi difficile qu’en usine. Comme il erre dans les rues, Charlie voit un drapeau rouge d’avertissement tomber d’un camion. Il le ramasse et l’agite pour signaler au chauffeur de s’arrêter. Le conducteur ne le remarque pas, mais une manifestation massive de chômeurs se met derrière ce drapeau, symbole de leur lutte. Chaplin se retrouve ainsi involontairement porte-drapeau de la colère des travailleurs. Arrêté en tant que chef de file du mouvement, il se rend compte que la vie de prisonnier est plus agréable que celle du travailleur ou celle du chômeur. Finalement libéré, Chaplin se lie avec une jeune femme dont la condition est précaire. Ils finiront par trouver un bonheur fragile dans un cabaret, en tant qu’artiste.
Les Temps modernes, au-delà de son intention et de son pouvoir comique, est une brillante réflexion sur la condition de l’homme moderne. Tourné dans les années 30, ce film conserve aujourd’hui un vrai pouvoir critique, une actualité et une pertinence forte.

                                  III. Interpréter la séquence : un message politique et social

Cette séquence s’inscrit à la fois dans l’histoire personnelle du réalisateur (une enfance misérable) et dans le quotidien vécu par le monde ouvrier accablé par la crise économique. Le personnage de Charlot a donc une dimension autobiographique, mais c’est aussi une figure universelle de l’opprimé. La séquence est infusée de référents culturels qui n’échappaient pas aux spectateurs de l’époque. Charlie dénonce la thématique de la faim et du chômage qui est omniprésente.

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